Forum SYPEMI - Impact du digital sur le Facilities Management

Publié le 19 juil 2016 Actualités, Communiqués

Les membres du SYPEMI se sont réunis le 24 juin 2016 autour d'une table ronde sur la digitalisation des métiers du FM. Corinne COLSON LAFON était présente à cette occasion, entourée de Eric LAMENDOUR et Denis SKOBEL, président du SYPEMI.

Ci-dessous, le résumé de cette matinale : 

 

Identifier les gisements de valeur

Les entreprises qui sauront tirer parti de la transformation numérique trouveront les nouveaux gisements de valeur ajoutée nécessaire à leur offre servicielle.

"Les bâtiments ont une valeur numérique, les usages se digitalisent, la performance opérationnelle est là" , énonçait en ouverture Eric Lamendour, Président de la commission communication du SYPEMI, directeur BIM & Solutions digitales, Engie-Key Program Renovation.

Et de citer la mise en place d’outils numériques et collaboratifs, l’optimisation du bâtiment et de l’aménagement des espaces de travail, renouvellement du lien avec le management, nomadisme (travail à distance, flexibilité des horaires…). L’enjeu est considérable : bien-être au travail, gain d’efficacité, amélioration de l’image et de la réputation…

"Réussir", explique Maguelone Augustin, "c’est réfléchir dans un cadre systémique. Les employeurs ont donc tout intérêt à penser l’expérience salarié de la même manière qu’ils réfléchissent à l’expérience client. Le salarié, à son tour, sera alors "augmenté".

 

La digitalisation se fait dans une démarche d’apprentissage et de pédagogie par le projet.

La maquette - dynamique et ouverte - et l’offre de service associée doivent être au service de la performance du bâtiment et des usages tout au long du cycle de vie.

La maquette numérique permet de visualiser le bâtiment en 3D, 4D (temps) et 5D (coûts) et de suivre le cycle de vie du bâtiment et d’archiver les données dans le temps.
L’Internet des Objets permet de remonter des données en temps réel de n’importe quel objet connecté.

 

La valeur par la connaissance

La synergie entre ces deux systèmes amène une nouvelle vague d’innovations qui conjuguent interface de visualisation et systèmes autoapprenants : c’est l’ère de la « ville cognitive » et du « bâtiment cognitif » qui génèrent de nouveaux usages et de nouveaux services.

Dans les entreprises, les conditions du changement se mettent en place, dans une logique d’acculturation progressive. La digitalisation se fait dans une démarche d’apprentissage et de pédagogie par le projet.

Aujourd’hui, environ 5 000 start-ups travaillent dans ce domaine en France.

 

Dans tous les bâtiments, les données « intelligentes » sont disponibles pour créer les nouveaux usages, services et valeurs ajoutées

Les données produites par internet et l’Internet des Objets (IoT) ne sont pas, pour plus de la moitié d’entre elles exploitées. Le potentiel économique à 2025 du secteur de l’internet des objets est de l’ordre de 6 000 millions d’euros, soit 7 % du PIB européen (1 € investi rapporte 12 €).

 

L'Internet des Objets est à la source de tout

"Tous les bâtiments sont source de nouveaux usages, services et valeurs ajoutées grâce à l’Internet des Objets (IoT) et à l’exploitation intelligente des données collectées" , ont démontré dans un duo parfaitement huilé Pascal Hoguet, Directeur technique Cap Gemini Technoloy et Marc Perie, Internet of Things, Business development, IBM Services.

Oui, les vieux (bâtiments) ont eux  aussi de l’avenir, comme l’a démontré la vidéo de deux minutes sur la pose en 4 heures de 1 018 capteurs dans un immeuble « classique » de bureaux.

 

Enjeu stratégique ? Capter la donnée, la structurer pour ...

... pouvoir ensuite la restituer à travers un service ou un usage métier et produire des analyses prédictives : anticipation des phénomènes et des évènements – ou cognitives, c’est-à-dire auto apprenantes. Les perspectives sont larges : préservation des marges, transformation des métiers, data monétisation, services aux occupants, performance, sécurité…

Apprendre en marchant : 3 facteurs clés de succès
L’expérimentation et la co-construction dans les entreprises est nécessaire. La réussite des projets repose sur trois points clés :

la prise en compte des facteurs sociaux (associer à la démarche les collaborateurs et responsables syndicaux),
la protection des données personnelles,
la mise en place d’une démarche itérative pour mesurer à chaque étape le retour sur investissement.

 

Quels critères de validation ?

Répondre à des objectifs précis en termes de retour sur investissement pour l’entreprise : augmenter la communication avec le client, concourir à la différenciation de l’entreprise sur le marché, gagner en productivité, améliorer et fluidifier les process de l’entreprise, augmenter l’attractivité de la marque employeur, réduire l’impact environnemental de l’entreprise.

"Les premiers effets sont positifs et encouragent l’entreprise à continuer dans cette démarche progressive de digitalisation" se félicite Corinne Colson-Lafon.

 

Pour les grandes entreprises, de nouveaux enjeux et des défis explicites

"Côté grandes entreprises, la digitalisation est clairement considérée comme une alliée mais elle demande une capacité d’adaptation permanente" énonça Denis Skobel, le président du SYPEMI au nom des adhérents. Pour relever le défi de l’appropriation du numérique dans le FM, les entreprises doivent faire face à de nouveaux enjeux et faire évoluer leur manière de fonctionner :

 

  • Sur l’outillage numérique : quel coût pour la mise en place des plateformes ? Comment standardiser les outils ? Quelle fiabilité des systèmes ?
  • Sur les données : à qui appartiennent les données personnelles des collaborateurs recueillies par les entreprises ? Quelles valeurs ont-elles ? Comment se monétisent-elles ?
  • Sur les nouveaux usages et services : comment mesurer leur performance ? Quel impact sur l’ecosystème client - fournisseur ? Comment se déroule l’apprentissage du digital et des nouvelles compétences (entre les plus jeunes et les seniors) ? Quel impact sur l’organisation du travail ?
  • Sur le management : comment gérer les nouvelles communautés par affinité dans l’entreprise ?
  • Sur les formes de travail : comment faire coexister les nouvelles formes de travail avec les formes plus classiques ?

 

Transformation numérique et création de valeur : le SYPEMI mobilisé

Le SYPEMI s’est saisi à bras le corps du sujet de la digitalisation et accompagne activement la profession dans cette transition. La dynamique de communication et de pédagogie avec les parties prenantes est un facteur clé du succès.

Première pierre à l’édifice : un travail de réflexion sur le BIM (Bâtiment et information modélisé) mené en collaboration avec la Fedene et Syntec. La synthèse de ce travail fera l’objet d’une publication en septembre prochain.

 

 

Les contributeurs

Denis Skobel, Président du SYPEMI, Bouygues Energie Services
Eric Lamendour, Président de la commission communication du SYPEMI, directeur BIM & Solutions digitales, Engie-Key Program Rénovation
Maguelone Augustin, Manager, Cap Gemini ConsultingCorinne Colson-Lafon, administratrice du SYPEMI, Présidente de Steam’O
Marie-Françoise Guyonnaud , CEO, Smart Use, Directrice de formation Smart City et Management des Eco quartiers, Institut Léonard de Vinci
Olivier Seznec, Associé, Smart Use, expert numérique
Corinne Colson-Lafon, administratrice du SYPEMI, Présidente de Steam'O
Pascal Hoguet, Directeur technique, Cap Gemini Technoloy Services
Marc Perie, Internet of Things, Business development, IBM

Matinale préparée et animée par Olivier Coppermann, directeur du pôle Influence, SEITOSEI